L’EXPÉRIENCE DE L’ÉQUATEUR / Plan International – Ecuador (pari pour la jeunesse et les femmes au milieu rural)

L’EXPÉRIENCE DE L’ÉQUATEUR / Plan International – Ecuador (pari pour la jeunesse et les femmes au milieu rural)

Voici un article qui vous fera voyager en Équateur. 

Nous avons trouvé intéressant d’étendre notre carte du Pari des campagnes pour vous faire connaître un peu les initiatives rurales ailleurs qu’en France. Après une mission de Service Civique au sein du collectif, notre volontaire équatorienne, Andrea Flores León, nous expose un exemple de pari pour la ruralité dans ce beau pays montagneux d’Amérique du Sud.

Plan International – Ecuador

Plan International est une Organisation Non Gouvernementale (ONG) créée en 1937 pour donner une aide humanitaire aux enfants affecté.e.s par la guerre civile en Espagne. Depuis, elle oriente son travail dans la lutte pour les droits des enfants et adolescent.e.s. Mais, à partir des années 90, sans laisser totalement de côté les hommes, son action se serre plutôt sur la lutte pour les droits des jeunes femmes.1

C’est à partir des années 60 et 70 que les ONGs commencent à s’installer en Équateur, dont Plan International qui arrive en 1963. La coopération internationale avec les ONGs se développe beaucoup le long des années 90 et 2000 et joue un rôle important pour le développement territorial du pays et pour le renforcement des entités publiques.2

“Comme organisation international de développement, Plan International reconnaît que la réalisation des droits des filles, garçons et adolescent.e.s s’inscrit principalement dans l’exercice de l’égalité et de l’inclusion. De ce fait, son travail met en priorité ceux qui vivent dans des conditions de grande vulnérabilité et d’exclusion.” – Rossana Viteri, directrice de Plan International Ecuador.3

Sur cette approche, Plan – Ecuador intervient en priorité dans les zones rurales du territoire équatorien.


Image : Plan International Ecuador

Le pari pour la ruralité, contexte

Le pari pour le développement territorial au niveau national s’entend comme “une stratégie multisectorielle et multidimensionnelle pour affronter les inégalités de distribution territoriale de ressources humaines, financières, techniques, etc., et les inégalités socio-économiques de la population dans les différentes parties du pays”4. L’Équateur est un pays en développement où les ressources sont très inégalement réparties et où les contrastes socio-économiques entre ville et campagne sont très marqués. 

Aujourd’hui, 41,8% de la population rurale vit en situation de pauvreté par revenus contre 25% en ville et 71,1% en situation de pauvreté multidimensionnelle contre 22,7% en ville  (ce taux mesure l’accès à l’éducation, la santé, le travail et au logement de qualité).5 Les conditions de pauvreté en milieu rural affectent fortement la situation de vie des enfants. “Les enfants qui grandissent dans des foyers pauvres dans notre pays, héritent d’une situation d’exclusion que l’État, historiquement, n’a pas pu être capable d’inverser. »6

Selon une enquête de 2017, il existe encore 8,41% des enfants et adolescent.e.s qui travaillent. Ceci est pourtant interdit par la loi. Les enfants sont plus exposés au travail infantile quand ils habitent à la campagne (12,5% contre 2,7% en ville pour les enfants entre 5 et 12 ans et 26,3% contre 9,5% en ville pour les adolescent.e.s)7. L’activité principale dans le travail des enfants est l’agriculture. Cet écart entre ville et campagne apparaît aussi pour le travail domestique non rémunéré (15,1% contre 12% en ville).8 


Image : Plan International Ecuador

D’ici s’enchaîne un cycle d’inégalités qui se perpétue jusqu’à l’âge adulte car travailler précocement nuit à la santé et à la réussite scolaire des enfants. Les femmes restent la population la plus vulnérable. Si elles travaillent, la plupart du temps, c’est un travail à la maison en prenant le rôle de “gardien” de leur petits frères ou soeurs. Dans la population d’enfants et adolescent.e.s qui subit le travail domestique non rémunéré, 67% sont des filles et adolescentes.9 Ce type de travail est “invisible” et commence souvent dès l’âge de 5 ans.10 De ce fait, ces jeunes femmes, dans une majorité de cas, n’ont pas l’opportunité de finir leurs études ni de développer des capacités professionnelles. Ceci les empêche d’avoir une autonomie économique et restent soumises aux patrons patriarcaux. 

Au-delà de la situation économique, les enfants sont aussi très vulnérables à la maltraitance : sur 10 enfants, 4 ont subi de la maltraitance extrême.11 Au delà de la violence physique, les filles et adolescentes sont plus exposées aux violences intrafamiliales, psychologiques, et aux violences sexuelles.

En parallèle, l’histoire coloniale du pays a laissé une dette sociale et économique envers les communautés indígenas, montubias et afroecuatorianas. Mais les inégalités socio-économiques qui existent entre ethnies touchent plus fortement les communautés indígenas et montubias à cause de leur aspect rural et le manque de politiques publiques qui les protègent.12 Les croyances et imaginaires issus de cette histoire laisse aussi une société très machiste qui empiète sur les droits des femmes et met en péril le développement des plus jeunes.

Les conditions sociales, de géographie, d’ethnie, de genre et d’âge font que les expériences de vie des enfants et adolescent.e.s sont différentes et moins privilégiées à la campagne qu’en ville. C’est pour cela que Plan – Ecuador parie pour travailler à la campagne, pour réduire ces inégalités. Elle parie pour les enfants et surtout pour les jeunes femmes qui habitent à la campagne pour les aider à rompre le cycle de pauvreté et violence qui les suit le long de leur vie. L’ONG veut, par leur travail d’accompagnement, donner des outils pour que les filles, adolescentes et jeunes femmes adultes deviennent autonomes socialement et économiquement. Elle souhaite que les hommes soient des alliés de cette lutte.


Image : UNICEF/ECU/2016/Arcos

Le fonctionnement

Plan – Ecuador travaille dans les zones rurales de 9 provinces de l’Équateur, principalement de la Sierra (région montagneuse) et la Costa (région littorale) : Bolívar, Chimborazo, Cotopaxi, Guayas, Loja, Los Ríos, Manabí, Pichincha et Santa Elena. Le bureau principal est à Quito dans la province de Pichincha.

Les provinces où Plan – Ecuador travail ont des taux de pauvreté très élevés et sont les plus pauvres des régions Sierra et Costa. Ceci, à l’exception de Pichincha où il y a une forte urbanisation qui équilibre l’économie. Mais cette concentration en ville laisse les périphéries très marginalisées.14

Carte des provinces où Plan – Ecuador travaille

Carte de la géographie et des régions en Équateur

Afin de réaliser ses projets et mettre en place ses stratégies, Plan – Ecuador travaille avec plusieurs acteurs du secteur public et privé. David Vásquez, conseiller national d’autonomisation économique à Plan – Ecuador, nous explique le fonctionnement de l’ONG.

Leurs projets se développent en partenariat avec les Gouvernements Autonomes Décentralisés (GAD) de ces 9 territoires. Ce sont les GADs qui gèrent les coopérations internationales suite à la décentralisation du gouvernement en 2008. Chaque conseil paroissial rural, conseil municipal, conseil métropolitain, conseil provincial et conseil régional a son propre gouvernement autonome. La Constitution leur accorde autonomie politique, administrative et financière.13

Dans chaque territoire impacté par le travail de l’organisation, il existe une Unité de Programme (PU) qui fonctionne comme bureau intermédiaire de Plan – Ecuador. Ces antennes travaillent directement avec les gouvernements locaux, et de cette manière, le champ d’action reste local. Le travail des PUs avec les GADs permet de créer des projets durables et cogérés. Plan – Ecuador implante des projets pilotes pour partager une méthodologie de gestion qui puisse se développer dans toutes les PUs. L’objectif est que, lors de la fin de la coopération internationale de Plan International en Équateur, ces projets puissent être autonomes.

Les Technicien.ne.s de Développement Local (TDL) sont des habitant.e.s locaux.les formé.e.s par Plan – Ecuador qui travaillent dans les PUs pour développer les stratégies localement. Ils.Elles jouent un rôle d’intermédiaires entre les bénéficiaires, les PUs, le bureau principal à Quito et les GADs. Ce sont ces personnes qui animent les stratégies de l’ONG par des sensibilisations, des formations, des ateliers, de l’accompagnement, entre autres.

En plus des GADs, les autres acteurs publics qui travaillent avec Plan – Ecuador sont les Ministères de Santé et d’Éducation. Les projets de l’organisation tournent autour de la protection sociale, de la garantie de la santé et de l’éducation pour les enfants et adolescent.e.s. Ces deux entités sont clés.

Enfin, les Facilitateurs de Parrainage (FP) sont les financeurs principaux des projets qui s’ajoutent au financement propre de l’ONG. Ces FPs peuvent être d’autres ONGs internationales, des entreprises privées, les GADs et/ou l’État même. Les FPs permettent de développer de nouveaux projets et faire le parrainage de nouvelles familles et nouveaux.nouvelles jeunes.

Les initiatives de Plan – Ecuador

Plan – Ecuador se concentre sur 6 axes de travail guidés par les 16 Objectifs de Développement Durable (ODD). C’est Anahí Almeida, conseillère nationale de genre à Plan – Ecuador, qui nous a éclairci les missions de l’organisation :

PerZonitas (petite enfance – de 0 à 8 ans) :

Image : Plan International Ecuador

Pour les projets centrés sur les plus petit.e.s, il y a un grand travail de sensibilisation des parents surtout pour encourager les pères à être plus présents et plus actifs dans la vie des enfants et réaliser des tâches ménagères. Ceci est important pour Plan – Ecuador car, de cette manière, des nouveaux référents peuvent se créer et des stéréotypes s’effacer, surtout dans les communautés rurales où les normes de genre restent très machistes. De même, ceci peut être un facteur positif pour éviter que les filles et adolescentes réalisent du travail domestique au lieu de se former.

À cela s’ajoute la sensibilisation à la bonne alimentation. En 2014, 23,9% des enfants de moins de 5 ans de tout le territoire souffraient de malnutrition chronique et à la campagne ce pourcentage s’élevait à 31,9%.15 Comme en campagne la situation de pauvreté est forte et l’accès au panier alimentaire basique se complique, les familles ont besoin de connaître leurs options et les aliments prioritaires pour nourrir correctement leurs enfants. 

Le dernier point que Plan – Ecuador travaille dans ce volet est la sensibilisation à l’éducation affective pour éviter la maltraitance.

Activa la igualdad (activer l’égalité – de 8 à 19 ans) :

Image : Plan International Ecuador

Cette initiative est impulsée principalement pour favoriser l’égalité de genre et donner une voix aux jeunes femmes qui habitent en zones rurales et sont isolées des actions participatives et politiques.

Sur ce volet, l’ONG a trois projets principaux :

  • Escuelas de liderazgo (écoles de leadership en milieu rural) 

À travers des ateliers de participation et de formation, les femmes entre 8 et 24 ans sont accompagnées pour renforcer leur estime de soi et leur connaissance sur leurs droits sociaux, sexuels et domestiques.

L’objectif est de donner les outils et les informations nécessaires pour que les jeunes femmes développent une force personnelle et deviennent leaders. Selon Anahí, le développement d’un esprit résilient est essentiel pour faire descendre ces murs qui leur ont été placés devant elles par leur situation socio-économique.

À partir de ces espaces de formation et de prise de force, plusieurs jeunes femmes s’engagent pour devenir représentantes de leurs communautés et des autres filles et adolescentes, en plus de donner des coups de main lors d’ateliers dans des écoles et de militer pour le respect de leurs droits. Certaines filles ont eu l’opportunité de partir à l’étranger pour participer à des rencontres et conférences internationales comme pour les droits des enfants et des femmes. En 2019, 6 jeunes ont participé à 6 rencontres internationales : Women Deliver (Canada), Forum international sur l’Inclusion et l’Équité dans l’Éducation (Colombie), Camp de Leadership des Jeunes ¡Juventudes Ya! (Mexique), Réunion préparatoire d’Amérique latine et Caraïbes pour le Sommet de Nairobi (Mexique), Sommet de Nairobi sur la CIPD25 (Kenya) et Reúnion Commémorative pour les 30 ans de la Convention des Droits des Enfants (Bélgique).16

 Les jeunes femmes de la campagne équatorienne se font écouter.

Initiative créée en 2018 et définie par Plan – Ecuador comme un “mouvement de la société civile qui promeut le leadership des jeunes femmes”. En allant plus loin, il promeut l’union des femmes des zones rurales et urbaines pour lutter ensemble pour leurs droits.

Le support principal d’expression de ce mouvement est une page facebook publique où du contenu informatif et militant ainsi que des témoignages sont publiés. Ces publications sont réfléchies communément entre jeunes habitantes des campagnes et des villes. Pendant cette pandémie, beaucoup de contenus de prévention de la violence a été diffusés.

La connexion entre campagne et ville est très importante pour ne pas négliger les demandes des jeunes en milieu rural. Anahí nous raconte que lorsque les jeunes en ville célèbrent et soutiennent, avec de très bonnes intentions, les tenues des femmes indigènes (chemises brodées et longues jupes) pour valoriser cet aspect culturel, les jeunes indigènes en campagne luttent pour que lorsqu’elles utilisent des pantalons, elles ne soient pas nommées karishinas (qui veut dire “tu ressembles à un homme”). 

Lors d’une enquête faite en janvier 2020 pour connaître les ressentis des participantes par rapport à leur expérience avec les mouvements féministes, les jeunes des zones rurales ont exprimé que, pour plusieurs, “dans différents secteurs de leur vie, elles ne sont pas écoutées, leur idées sont prises à la légère et que leur opinions ne sont pas valorisées”.17 Pour certaines, ces plateformes en ligne sont leur premier espace de participation et d’expression autour de sujets qui les tiennent à coeur.

Movimiento por ser niña a permis aux jeunes femmes de mieux connaître d’autres besoins, demandes et réalités. Il permet surtout aux filles et adolescentes des zones rurales de participer à cette lutte féministe, de sentir qu’elles font partie d’une communauté plus grande, qu’elles ont une voix sur tout ça et le plus important, de se sentir valorisées.

Image : UNICEF/ECU/2017/Vallejo

  • Campeones por el cambio (champions pour le changement)

La sensibilisation des hommes pour qu’ils soutiennent ces initiatives tournées vers l’émancipation sociale des jeunes femmes est aussi travaillée dans le volet leadership.

Campeones por el cambio a été instauré comme un parallèle des écoles de leadership avec des ateliers dédiés aux jeunes hommes. Ici, les garçons et les adolescents ont une première approche des inégalités de genre. L’objectif est qu’ils puissent s’apercevoir, d’un côté, de leurs privilèges et de l’autre, des normes sociales qui les obligent ou les empêchent d’agir d’une certaine manière. Selon le site de Plan – Ecuador, par ces ateliers, les jeunes vont “construire de nouvelles masculinités positives”. 

Zonas de Aprendizaje (zones d’apprentissage – de 14 à 24 ans) :

Image : Plan International Ecuador

En 2016, le taux d’assistance scolaire pour l’éducation primaire (5 à 14 ans) atteignait 96,2%. Par contre, pour l’éducation secondaire (14 à 19 ans) il était de 71,3%. Ce taux était encore plus bas en campagne : 64%.18

Le décrochage scolaire s’intensifie plus chez les filles et les garçons qui débutent le collège et le lycée, surtout en milieu rural. Les causes sont économiques, géographiques et aussi culturelles. 

L’éducation en Équateur est gratuite mais les coûts de transport, pour les habitant.e.s des très petits villages isolés, et l’achat de matériel scolaire empêchent à plusieurs familles pauvres de soutenir financièrement les études de leurs enfants. Dans le cas des filles, les croyances sociétales les pénalisent car, dans plusieurs familles, il existe encore cette idée que l’investissement pour l’éducation des femmes n’est pas une priorité. À ceci s’ajoute la peur d’être exposées à des situations de violence psychologique et sexuelle à l’intérieur des établissements éducatifs.19

C’est pour ces raisons que Plan – Ecuador accorde des bourses scolaires pour les niveaux secondaires et supérieures. Anahí nous explique que 60% des bourses sont dédiées aux jeunes femmes, principalement à celles enceintes ou jeunes mamans, et les 40% restants sont pour les jeunes hommes. Ceci est un choix assumé par l’organisation pour appuyer leur mission d’autonomisation des femmes et éviter le décrochage scolaire. De plus, la sensibilisation des familles au soutien scolaire de leurs enfants est essentielle.

Assurer une formation secondaire puis supérieure ouvre à des opportunités fortes et permet d’améliorer les conditions de vie de ces jeunes femmes. Érika, jeune femme indigène, par exemple, avec ces bourses, est devenue la première femme de sa communauté à faire des études supérieures.20

Image : Érika  / Plan International Ecuador

Zonas Libres de Embarazo Adolescente (ZLEA – zones libres de grossesses chez les adolescentes) :

En 2019, des 285 827 naissances, 0,6% (1 816) correspondent à des naissances par des femmes entre 10 et 14 ans et 17,5% (49 895) à des femmes entre 15 et 19 ans.21  Dit autrement, chaque jour, il y a 7 filles22 et 148 adolescentes22 qui accouchent.

En Équateur, les grossesses chez les femmes de moins de 15 ans sont considérées par la loi comme un viol. En plus, Anahí nous dit que les grossesses chez les adolescentes sont souvent la conséquence d’unions précoces obligées et de situations de violence à l’intérieur du couple. 34% des filles et 41% des adolescentes mamans se retrouvent mariées ou en union libre.23 Ceci engendre aussi l’abandon scolaire et le poids de nouvelles responsabilités qui tombe sur ces femmes. En 2017, selon une enquête faite à des femmes entre 21 et 60 ans pour la Encuesta Nacional Empleo, Desempleo y Subempleo (enquête nationale emploi, chômage et sous-emploi), seulement 25,5% des mamans qui ont eu leur premier enfant avant 15 ans avaient fini le lycée; Dans le cas des mamaNs qui ont eu leur premier enfant après 15 ans mais avant 19 ans, c’est 56,1% qui avaient fini le lycée.24 Ce pourcentage reste bas.

Image : Plan International Ecuador

Les jeunes femmes en situation de pauvreté et en zones rurales sont plus exposées à ces situations à cause du manque d’éducation et d’informations par rapport à la sécurité sexuelle. Pour cela Plan – Ecuador travaille dans ces territoires pour implanter des espaces d’apprentissage et sensibilisation pour femmes, hommes et familles. L’ONG travaille aussi pour faciliter l’accès aux différentes méthodes contraceptives, puisqu’en zone rurale c’est compliqué par manque de ressources.

En 2020, le budget pour l’implémentation de la politique de prévention des grossesses chez les filles et adolescentes a été réduit de 100%.25 Plan – Ecuador travaille aussi de près avec les Ministères de Santé et Éducation pour renverser ces décisions qui mettent en péril et en danger les jeunes femmes surtout en campagne.

Zonas seguras (zones libres de dangers – 0 à 24 ans) :


Image : Plan International Ecuador

Ici les zones libres de dangers correspondent aux dangers sociaux (inégalités, violence, accidents…) et naturels (désastres sismiques, éruptions volcaniques, inondations, sécheresses…). 

Dans cet axe de travail, Plan – Ecuador se concentre sur le travail communautaire. 

Des ateliers d’information et formation sont mis en place. Les communautés seront capables de comprendre les problématiques auxquelles les enfants et adolescent.e.s sont sensibles. Les équipes de l’ONG renforcent la transmission des outils de protection envers les filles et adolescentes par rapport aux inégalités et situations de violences dont elles sont victimes. De plus, les communautés sont formées pour faire face à des crises individuelles et/ou collectives. Par exemple, en 2019 il y a eu 38 ateliers de formation aux premiers secours.27

L’Équateur par sa position géographique est un pays très vulnérable face aux catastrophes naturelles. Des projets de développement d’alerte rapide au sein des communautés sont réfléchis surtout dans des villages éloignés pour les mettre en sécurité. Les enfants et adolescent.e.s sont très intégré.e.s à ces projets pour qu’ils.elles puissent aussi connaître les mesures de prévention.

Un nouveau volet d’intérêt apparaît avec la crise migratoire actuelle. 

Par un partenariat avec l’entreprise allemande Beiersdorf AG, Plan – Ecuador a lancé un programme de protection et soutien aux femmes migrantes. Cette partie de la population migrante est très vulnérable car elle peut très vite être exploitée, notamment pour de la prostitution. Ces femmes sont aussi victimes de violences et discriminations très fortes.

Laboratorios de innovación (laboratoires d’innovation – 14 à 24 ans) :

Ce projet a pour vocation de devenir national. Par les mêmes moyens d’ateliers formatifs, les jeunes apprennent sur l’autonomie sociale et économique. Le sujet d’émancipation des femmes devient transversal dans les projets de Plan – Ecuador.

Ici, l’entrepreneuriat est une clé des programmes. L’ONG, avec ces projets, permet aux adolescent.e.s et jeunes adultes de connaître les bases de l’entrepreneuriat, de la gestion des projets, de l’organisation communautaire pour développer des projets productifs, comme le développement de projets d’épargne, entre autres. Il y a un premier investissement qui est donné par Plan – Ecuador pour le développement de projets communautaires dans l’objectif, qu’avec ces formations, les habitant.e.s puissent maintenir une rentabilité suite à cet accompagnement et autonomiser leur initiative.

De même, Plan – Ecuador construit des partenariats avec des entreprises locales pour créer un réseau d’emploi qui permette aux jeunes de chercher et trouver un travail. Ceci est important, selon Anahí, car certain.e.s jeunes veulent bien se lancer dans un projet personnel ou communautaire mais d’autres s’intéressent plutôt à intégrer un emploi stable et direct.Ils.Elles sont donc accompagné.e.s dans la construction de leur projet professionnel et formé.e.s pour connaître les offres économiques des entreprises ainsi que leurs droits de travail.

Image : : UNICEF / ECU / 2011 / Manuel Avilés

Plan International travaille dans plusieurs programmes qui touchent plusieurs problématiques sociales et économiques. L’ONG parie pour créer des leaders acteurs de leurs décisions et souhaitant faire valoir leurs droits.

L’Équateur est un pays avec une société encore très machiste où les actions, comme celles que Plan – Ecuador développe, sont indispensables pour sensibiliser et permettre aux jeunes, et surtout aux femmes, de s’émanciper et grandir avec toutes les libertés, tous les droits et toute la sécurité qu’elles méritent, surtout en milieu rural où leur marginalisation est plus forte.

Les jeunes femmes qui sont devenues leaders

Le jeudi 10 décembre, nous avons eu une rencontre par visio avec 4 jeunes femmes, Yadira 

(18), Jennifer (19), Nataly (20) et Melanie (22), qui font partie du mouvement Por Ser Niña. Chacune nous a fait part de son expérience avec Plan – Ecuador. 

Elles ont intégré les programmes de Plan – Ecuador de différentes manières. 

Nataly, qui habite dans la ville de Cayambe, est d’abord rentrée dans une école de leadership pour après rejoindre le mouvement. Yadira et Jennifer, habitantes de la campagne dans la province de Cotopaxi, ont directement fait partie du mouvement à 11 ans et à 18 ans respectivement. Melanie, qui vient de la ville de Quito, a commencé à travailler avec Plan – Ecuador en faisant des projets communautaires et des enquêtes dans des communautés rurales pour connaître les vulnérabilités locales. Ensuite elle a intégré le MPSN, après avoir été confrontée à une réalité qu’elle ne connaissait pas. 

Lors de notre rencontre, elles ont toutes dit que faire partie du mouvement est une des meilleures expériences de leur vie. Elles ont exprimé le fait que ça leur a permis de prendre confiance en elles, d’exposer leur authenticité et leur personnalité dans un espace de confiance et ainsi devenir beaucoup plus conscientes des situations de vie d’autres enfants et adolescent.e.s. Elles ont mis l’accent sur les relations sociales qu’elles ont pu développer. Elles parlent entre elles comme des amies car elles ont mené plusieurs projets en commun. Yadira et Jennifer participent, avec d’autres jeunes, dans la production d’émissions de radio rurale à Cotopaxi et Nataly et Melanie travaillent ensemble, avec d’autres personnes, en lien avec les jeunes des zones rurales, pour créer le contenu de leur page facebook. Ce rapport de camaraderie est aussi recherché avec les accompagnateur.rice.s dans l’objectif d’éviter des attitudes paternalistes ou maternalistes avec les jeunes femmes.

Elles sont devenues leaders dans le sens où elles sont porte-parole de ce mouvement.  Elles ont toutes une mission où elles doivent prendre des décisions et travailler en groupe. Elles sont engagées dans la lutte féministe pour partager des messages positifs qui puissent aider les femmes dans des situations compliquées et sensibiliser les hommes afin de changer les discours sociaux. 

Pendant la pandémie elles n’ont pas arrêté. Avec Plan – Ecuador elles ont trouvé les moyens de continuer à diffuser de l’information. La situation n’a pas été facile et certaines filles sont moins actives que d’autres car elles n’ont pas accès à internet. Leur situation est plus compliquée que d’autres. Le fait d’avoir un rapport entre ville et campagne, a permis aux jeunes femmes de voir comment beaucoup de personnes ont été affectées par la covid-19 et de relativiser quant à leur propre situation. Beaucoup de familles ont perdu leurs revenus mensuels, beaucoup de personnes ont arrêté de suivre leurs cours à cause de l’absence d’internet dans leur maisons et bien-sûr la violence a augmenté dans beaucoup de foyers. Le confinement a été compliqué partout dans le monde et c’est pour cela que ces jeunes femmes et beaucoup d’autres cherchent à aider les plus vulnérables, même si elles aussi ont vécu une période difficile. 

À la radio, elles enregistrent en avance des lectures et mises en scène de lettres écrites par des filles dans un programme de Plan – Ecuador où elles racontent leur situation, leurs rêves et leurs difficultés afin de créer une prise de conscience et inspirer les gens à les aider. Elles font aussi des mini podcasts où elles diffusent des informations de sécurité, des messages encourageants et des messages de sensibilisation anti-violence. 

Pour la page Facebook, elles se concentrent à créer des images interactives, vidéos ou podcasts qui parlent de la réalité des communautés, de la réalité des femmes, de la santé mentale et de la sécurité sexuelle et reproductive.

Le MPSN leur donne une motivation pour continuer et grâce à la communauté, qui s’est créée autour de ce mouvement, elles sont entourées de personnes fortes et engagées qui leur donnent un exemple de lutte. Elles deviennent aussi ce modèle pour d’autres filles et adolescentes. 

Elles sont toutes les 4 à l’université et leur rêve est de finir leurs études. Elles ont choisi leur profession à partir de leur expérience avec Plan – Ecuador. 3 d’entre elles suivent des études de psychologie et l’autre fait du droit. Chacune a l’intention de créer son propre projet social pour aider les enfants et les communautés.

L’ONG face à la crise sanitaire

En mars 2020, Plan – Ecuador a changé sa méthode de travail. Comme beaucoup d’organisations, d’entreprises, d’associations et d’autres entités, Plan – Ecuador a opté pour passer au télétravail et jusqu’à aujourd’hui les bureaux à Quito sont fermés.

Les premiers mois de pandémie, quelques projets ont été mis en pause temporairement pour accélérer l’aide humanitaire aux communautés plus vulnérables des campagnes. Actuellement, les activités se réactivent en cette fin d’année.

La crise sanitaire a eu un impact très fort pour les jeunes accompagné.e.s. Le besoin de travailler à distance a, encore plus, mis en évidence le manque de ressources dans les communautés rurales en Équateur. 

Les premières aides ont été alimentaires et sanitaires. Par un partenariat avec l’ONG CARE et l’aide financière Por Todos (pour tous – un fond collecté exprès pour la crise de la covid-19) 400 000 dollars ont été investis par Plan – Ecuador pour distribuer des paniers alimentaires auprès des communautés. Dans le même esprit, des kits sanitaires d’urgence ont été distribués. Dans un second temps, des kits menstruels et de santé sexuelle ont été développés et distribués.

Après cette urgence immédiate, les ateliers et formations ont dû être assurés par visioconférences, messagerie instantanée ou d’autres moyens virtuels. Le problème était, et continue à être un problème, qu’au début de la pandémie, moins de 14% de foyers avaient accès à internet. Les enfants et adolescent.e.s se sont retrouvé.e.s dans l’incapacité de suivre des cours de leurs établissements scolaires ainsi que de communiquer avec les accompagnateurs des programmes de l’ONG. Pour certaines jeunes femmes qui font partie des écoles de leadership ou du mouvement Por Ser Niña, la difficulté d’accès à internet bloque leur participation. Anahí nous indique qu’aujourd’hui 21% des foyers avec qui Plan – Ecuador travaille ont accès à internet, le pourcentage reste bas.

Toute cette situation a amené Plan – Ecuador à investir sur des recharges de forfaits mobiles, surtout pour les programmes des écoles de leadership, des zones d’apprentissage et le mouvement Por Ser Niña. Ceci n’est qu’un début car, même si les recharges étaient valides, les jeunes devaient faire des longs trajets ou monter sur les collines pour capter du réseau. 

Ceci est devenu une initiative essentielle pour garder contact avec les jeunes et maintenir la sensibilisation aux sujets anti-violence, anti-discrimination, exercice des droits et surtout pour continuer à former et aider les jeunes femmes. Pendant cette année, conséquence du confinement, les situations de violence intrafamiliales ont augmenté partout dans le monde alors cette communication devait être assurée pour rester vigilants.

Sur cette fin d’année, les ateliers à distance se maintiennent car les conséquences d’une contamination de la covid-19 dans des villages où les ressources sont très limitées peuvent être encore plus graves. Les  projets continuent à se développer, les recharges de forfaits ne s’arrêtent pas afin de faciliter la communication et les TLDs sont constamment formées aux nouvelles méthodes de formation, s’adaptant à l’aspect virtuel de toute cette situation. 

Le chemin s’est compliqué mais l’ONG et la jeunesse avancent petit à petit.

Les actions de Plan – Ecuador dynamisent les territoires ruraux en se concentrant sur le développement de la jeunesse en créant des personnalités préparées, conscientes de leur potentiel et prêtes à faire valoir leurs droits. Plan – Ecuador fait un pari social. 

La femme est au coeur des programmes qui touchent plusieurs problématiques sociales. En zone rurale, les conditions de vie ne sont pas toujours convenables et pour les jeunes femmes, c’est certainement plus compliqué. Aujourd’hui, avec la pandémie, plusieurs luttes se perdent et les petits avancements autour de l’égalité de genre s’écroulent.

C’est pour cela que Plan – Ecuador avec tous les acteurs qui soutiennent leurs actions continuent à chercher cette égalité entre ville et campagne et entre hommes et femmes.

Réferences:

1 – https://plan-international.org/organisation 

2 – Las ONG ecuatorianas en los procesos de cambio, Manuel Chiriboga (2014), Ediciones Abya-Yala, Quito – Ecuador (p 18) :
http://confederacionecuatorianaosc.org/wp-content/uploads/2018/04/LIBRO-LAS-ONG-ECUATORIANAS-EN-LOS-PROCESOS-DE-CAMBIO.pdf

3 – Niñez excluida en el Ecuador contemporáneo, Plan International Ecuador et Observatorio Social del Ecuador, Ecuador (2013) (p 1) :https://plan.org.ec/wp-content/uploads/2017/03/ninez-excluida-ecuador.pdf

4 – “Desarrollo territorial en el Ecuador: Situación actual y perspectivas”, éd. Diego Martínez Godoy et Patrick Clark (2015), Abya Yala, Quito – Ecuador (p. 64) :
http://www.congope.gob.ec/wp-content/uploads/2016/07/Desarrollo-Territorial-.pdf

5 – Encuesta Nacional De Empleo, Desempleo Y Subempleo, INEC, Ecuador (2019) (p 6 ; 26) :
https://www.ecuadorencifras.gob.ec/documentos/web-inec/POBREZA/2019/Diciembre-2019/201912_PobrezayDesigualdad.pdf

6 / 12 – Niñez excluida en el Ecuador contemporáneo, Plan International Ecuador et Observatorio Social del Ecuador, Ecuador (2013) (p 10) :
https://plan.org.ec/wp-content/uploads/2017/03/ninez-excluida-ecuador.pdf

7 – Informe de observancia de trabajo infantil, Consejo Nacional para la Igualdad Intergeneracional, Ecuador (2018) (p 63) :
http://www.pueblosynacionalidades.gob.ec/wp-content/uploads/2019/04/informe_obs_err_tr_infantil2018.pdf

8 / 9 – Primera Encuesta Nacional de Trabajo Infantil, INEC, Ecuador (2012) (p 26 / p 24) :
https://www.ecuadorencifras.gob.ec//documentos/web-inec/Estadisticas_Sociales/Trabajo_Infantil-2012/Presentacion_Trabajo_Infantil.pdf 

10 – Estudio sobre el trabajo remunerado y no remunerado del hogar de niñas y adolescentes en Ecuador. Resumen Ejecutivo, ONU Mujeres, CARE, Consejo Nacional de Igualdad de Género y Plan International Ecuador, Ecuador (2020) (p 6) :
https://www.care.org.ec/wp-content/uploads/2020/07/resumen-ejecutivo-estudio-sobre-trabajo-remunerado-y-no-remunerado.pdf

13 – Situación de la niñez y adolescencia en el Ecuador, una mirada a través de los ODS, Observatorio Social del Ecuador, Ecuador (2018) (p 33) :https://plan.org.ec/wp-content/uploads/2017/03/situacion-nina.pdf

11 – Datos sobre violencia contra niñas, niños y adolescentes en el Ecuador, Consejo Nacional para la Igualdad Intergeneracional, Ecuador (2018) (p 3) :https://issuu.com/cnna_ecuador/docs/violencia_contra_nna_ec2018_cnii

14 – Boletín informativo: El proceso de descentralización en el Ecuador, Consejo Nacional de Competencias (CNC), Ecuador (2016) (p 3) :
http://www.competencias.gob.ec/wp-content/uploads/2016/06/El-proceso-de-descentralizacion-en-el-Ecuador.pdf

15 – Situación de la niñez y adolescencia en el Ecuador, una mirada a través de los ODS, Observatorio Social del Ecuador, Ecuador (2018) (p 52) :https://plan.org.ec/wp-content/uploads/2017/03/situacion-nina.pdf

16 – Informe 2019, Plan International Ecuador (2019) (p 24) :
https://plan.org.ec/wp-content/uploads/2017/03/Informe-2019.pdf

17 – Setting the agenda: girls platform for action, Girls Advocacy Alliance et Plan International (2020) (p 26) :https://plan-international.org/publications/setting-agenda-girls-platform-action#download-options

18 / 19 – Situación de la niñez y adolescencia en el Ecuador, una mirada a través de los ODS, Observatorio Social del Ecuador, Ecuador (2018) (p 114 / 120 / 133) :https://plan.org.ec/wp-content/uploads/2017/03/situacion-nina.pdf

20 – FIGHTING FOR YOUTH RIGHTS AND GENDER EQUALITY AS AN INDIGENOUS TEEN IN ECUADOR, THE FUNAMBULIST 26 /// KIDS OF THE WORLD, UNITE! (p 7) :https://plan.org.ec/wp-content/uploads/2017/03/200403_article_Fighting_for_Youth_Girls.pdf

21 – Registro Estadístico de Nacidos Vivos y Defunciones Fetales 2019, INEC, Ecuador (2020) (p 22) :https://www.ecuadorencifras.gob.ec/documentos/web-inec/Poblacion_y_Demografia/Nacimientos_Defunciones/2019/Principales_resultados_ENV_EDF_2019.pdf

22 – Informe alternativo al Comité de la CEDAW: Examen al Estado Ecuatoriano, Coalición de Niñas y Jóvenes Mujeres “Desde Nuestras Voces”, Ecuador (2020) (p 3) :https://drive.google.com/file/d/1tYI5miaI7STnh6l53THMGxcElJRpL-Ac/view

23 – El embarazo adolescente le cuesta a Ecuador USD 270 millones al año, Thalíe Ponce (14-10-2020) :https://www.primicias.ec/noticias/sociedad/embarazo-adolescente-costo-millones-estado/

24 / 25  – Consecuencias socioeconómicas del embarazo en adolescentes en Ecuador. Implementación de la metodología para estimar el impacto socioeconómico del embarazo y la maternidad adolescentes en países de América Latina y el Caribe – Milena 1.0., UNFPA (2020) (p 20 / 18) :https://plan.org.ec/wp-content/uploads/2017/03/situacion-nina.pdf

26 – Relatora Especial de las Naciones Unidas sobre la violencia contra la mujer, sus causas y consecuencias, Dubravka Šimonović (2020) (p 3) :
https://undocs.org/es/A/HRC/44/52/Add.2

27 – Informe 2019, Plan International Ecuador (2019) (p 24) :
https://plan.org.ec/wp-content/uploads/2017/03/Informe-2019.pdf

Par Andréa FloresLeón

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